Avides lectures

François Ier et la renaissance Gonzague Saint Bris  Le Livre de Poche

J’ai aimé retourner 500 ans en arrière avec cette histoire passionnante

de François Ier et de ce siècle de la Renaissance où se côtoient Ronsard, Rabelais, Copernic, Guillaume Budé, Jacques Cartier… L’écriture est simple mais quel plaisir de se plonger dans la richesse et la dureté de cette époque [François Ier, otage de guerre de Charles Quint, sera libéré en échange de ses deux jeunes fils (dont le futur Henri II) qui seront prisonniers durant plus de 3 ans…]

Ce roi, instaurateur avec l’édit de Villers-Cotterêts du français comme langue officielle, sera aussi un protecteur des arts, un poète, un architecte. Je suis intéressé par tout échange avec les connaisseurs de ce siècle. François

« Où êtes-vous allées mes belles amourettes ? Changerez-vous de lieu tous les jours ? A qui dirais-je mon tourment et ma peine ? Rien ne répond à ma voix, les arbres sont secrets, muets et sourds. »

Azrayen Lax/Giroud    Dupuis

Je suis peu sensible à la BD qui en général me tombe rapidement des mains. Mais celle-ci, je ne l’ai pas lâchée, et elle me laissera une impression profonde et durable.

C’est une BD sur la guerre d’Algérie, dessinée par Lax, artiste stéphanois, et écrite par Giroud à partir des carnets de son père, rappelé en Algérie. Le dessin est superbe, d’une grande puissance d’évocation dans les paysages arides de grande Kabylie dévastés par la guerre. Et le récit, la recherche d’une patrouille disparue, met en scène, aussi bien chez les militaires français que dans la population algérienne, toute l’ambiguïté des prises de position face à la violence de part et d’autre, jusqu’à la dernière phrase, concernant les enfants voyant les soldats brûler leur village, avant que son innocence éclate, phrase commentant le dernier dessin : « En quelques minutes leurs yeux avaient perdu toute innocence. Ils étaient devenus durs, impitoyables et cruels comme ceux de leurs aînés. … c’était fini. Nous ne pouvions plus gagner cette guerre. » Marie-Madeleine

Un Juif pour l’exemple Jacques Chessex  Le Livre de Poche L’écrivain helvétique Jacques Chessex qui nous a quittés en 2009

propose dans ce court roman un de ces récits de la monstruosité ordinaire dont il a le secret. Ou comment, derrière l’apparente normalité d’une petite cité vaudoise durant la deuxième guerre mondiale, les forces du mal qui ne sont pas arrêtées par les frontières, tissent un réseau d’une incroyable puissance. Nourries par l’envie et la vanité, elles  n’attendent que l’instant propice pour faire sortir des entrailles de la terre la face de l’immonde. La description de la violence et de la haine rentrées qui sillonnent les âmes en apparence tranquilles,  sature tout l’espace d’une prose d’une sobriété effrayante pour dire la banalité du mal. A méditer en ces temps de montées aux extrêmes qui ne sont pas sans rappeler l’Europe au mi-temps du siècle dernier. Patrick

Une libraire magique m’a envoyé un très beau petit livre : beau papier épais, belle impression soignée, couverture ornée d’une gravure d’après Raphaël, une Vierge à l’enfant. C’est La Madone Sixtine, de Vassili Grossman, aux Editions Interférences. Il est composé de deux textes courts, dont le second, Repos Eternel, nous emmène dans un vieux cimetière de Moscou, où s’affairent au printemps tous ceux qui viennent entretenir les tombes tout en prenant l’air. De là, il nous promène à travers les vies des gens, vies tragiques, terribles, ou tellement ennuyeuses. L’auteur suggère avec ironie les travers de la société soviétique, tout en célébrant « le coeur vivant de l’homme ».

Quant à la Madone Sixtine, que je vous présente ici (et j’ai été heureuse d’y retrouver les deux petits angelots qui ont envahi cartes et calendriers), elle est pour l’auteur l’annonce de toutes les mères : il trouve dans son regard une angoisse qui préfigure celle des mères à Treblinka, celle de toutes les mères qui, avec leurs enfants, vont vers leur destin. Mais en même temps son sourire est celui du triomphe de « ce qu’il y a d’humain en l’homme ». C’est un petit texte magnifique, qui, à travers un sourire, nous mène, malgré la violence du destin, à une certaine foi dans l’homme et dans la vie. Marie-Hélène

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