RENTREE LITTERAIRE – AUTOMNE 2015

589…

C’est le nombre de romans – français et étrangers- parus cet automne.

Impossible de tout lire … Et comment s’y retrouver ?… Quel choix faire? … Par où commencer? …

Pour commencer, je vous propose trois romans, incontournables de cette rentrée, que j’ai particulièrement appréciés.

Tout d’abord, le superbe

Profession du père, de Sorj CHALANDON (Grasset)

On connait Sorj Chalandon, écrivain, journaliste et reporter de guerre, auteur de plusieurs romans dont les thèmes favoris concernent la guerre, et la trahison.

Cette fois-ci, il nous revient avec une histoire familiale, que l’on devine autobiographique, où l’on voit grandir, dans les années soixante, un enfant élevé entre une mère soumise et quelque peu absente, et un père mythomane, s’inventant des métiers imaginaires (espion, professeur de judo, pasteur, footballeur, parachutiste …) entraînant son fils dans des actes illégaux et dangereux. Fils, qui, par amour filial, va supporter injures, coups et mauvais traitements.

On reste confondu devant la force de cet amour, devant la pudeur et la tolérance dont fait preuve l’adulte qui accorde son pardon à ce père tyrannique et malade.

Un livre superbe.

 Pour continuer, une autre histoire, tout aussi bouleversante

 Petit Piment, d’Alain MABANCKOU (Seuil)

 Ce roman raconte l’histoire d’un enfant congolais recueilli dans un orphelinat, tout près de Pointe-Noire, qui grandit sous l’aile protectrice et aimante d’un prêtre et d’une employée de service. Au lendemain de la révolution socialiste, les protecteurs disparaissent subitement, l’enfant finira pas se sauver de l’orphelinat devenant ce que l’on nomme « les errants de la Côte sauvage ». Adolescent, il est hébergé par une tenancière d’une maison close, originaire du Zaïre, qui l’aidera et lui apportera un peu de chaleur humaine, mais celle-ci à son tour sera supprimée, lors de l’opération « Pointe-Noire sans putes zaïroises ». Petit  Piment évoluera seul, dans ce pays où la révolution profite aux plus corrompus et tue des innocents. Devenu adulte, il n’aura d’autre solution que le crime et la folie pour survivre.

On retrouve dans ce beau texte, l’écriture très particulière d’Alain Mabanckou, une écriture joyeuse, dynamique, pimentée, cocasse.

Enfin, le dernier titre d’un auteur Rhône-alpin

Une forêt d’arbres creux d’Antoine CHOPLIN (la Fosse aux ours)

 Dans ce roman, Antoine Choplin nous emmène à Terezin, en décembre 1941, et nous invite à découvrir l’histoire de Bedrich Fritta, ainsi que d’autres artistes qui, envoyés dans cette ville ghetto, furent affectés au bureau des dessins, où les nazis les chargeaient d’exécuter des commandes obligatoires (plans, dessins, …). La nuit, en cachette, les artistes se retrouvent et tentent de dessiner la réalité de Terezin en toute liberté ; ils cachent ensuite leurs réalisations pour les soustraire aux nazis. Mais un jour, leur secret est découvert, certains seront battus à mort, d’autres mutilés, d’autres encore déportés.

Tout comme « Le héron de Guernica », on retrouve les thèmes chers à l’auteur : l’artiste et la guerre, le rôle de témoin de l’artiste.

Il nous décrit, à la manière d’un tableau, des scènes tantôt d’horreur, tantôt de joie et d’harmonie. Malgré l’enfer que vivent les habitants de ce ghetto, il se dégage de cette lecture une certaine douceur, et surtout, beaucoup d’émotion.

Un très beau livre.

 

Marie-Noëlle

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